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Une réforme contre les demandeurs d’emploi

Le gouvernement a rendu public son projet de loi pour réformer l’assurance chômage.
Après avoir repris la main suite aux négociations non abouties par les partenaires sociaux, le gouvernement tape violemment sur les demandeurs d’emploi et comme d’habitude, peu sur le patronat. Celui-ci se voit imposer un bonus-malus sur les contrats courts, mais cela ne va concerner que sept secteurs, soit 30% des ruptures donnant lieu à inscription auprès de Pôle Emploi. Ce malus, nous ne savons pas ce qu’il va représenter comme pénalité. Ne sont pas concernés les secteurs de l’agro, du bâtiment et du spectacle (intermittents) qui pourtant usent et abusent de ces contrats courts.

Alors que certains employeurs sont partiellement concernés, tous les demandeurs d’emploi seront eux impactés par cette réforme qui sera mise en place par ordonnance, donc sans débat à l’Assemblée nationale, et sans possibilité d’amendement.

Les conditions d’accès sont très durcies, il faudra travailler six mois dans les 24 derniers mois, au lieu de 4 mois dans les 28 mois aujourd’hui. Ce droit obtenu par la seule CFDT en 2008, concernait les plus jeunes non éligibles au RSA et les plus précaires. On revient ainsi 10 ans en arrière.

Autre droit obtenu par la CFDT remis en cause, les droits rechargeables sont complètement refondus et durcis, il faudra travailler 6 mois au lieu d’un pour en bénéficier.

Les premières estimations faisaient état que 500 000 personnes seraient privés d’une indemnisation chômage. Une note de l’UNEDIC de début juillet chiffre à 1 200 000 l’impact de cette réforme de régression sociale.

Pour les cadres gagnant 4 500 €, c’est le retour de la dégressivité qui va réduire leurs droits de 30% au bout de 6 mois. A l’avenir, il est à craindre que cette dégressivité s’applique à tous.

Le gouvernement fait donc le choix d’une réforme purement comptable avec pour objectif d’importantes mesures d’économies qui se chiffrent à 3,4 milliards d’€ sur deux ans.

Quelques éléments :
>>> Dépenses totales de Pôle Emploi c’est près de 40 milliards d’€ par an.
>>> La moitié des demandeurs d’emploi (57%) ne touchent pas d’allocation chômage, et cette allocation est au mieux de 60% de l’ancien salaire. Le salaire de référence journalier serait aussi modifié.

Etre chômeur n’est donc pas une rente de situation !