Le report de l’âge de la retraite scruté à la loupe

Lors de la séance du 27 janvier, le Conseil d’orientation des retraites s’est penché sur les effets d’un report de l’âge légal de départ. Contrairement aux idées reçues, cette mesure ne permettrait pas de faire d’importantes économies.

Passer de 62 à 64 ans, voire 65. Un mantra pour plusieurs candidats à l’élection présidentielle, qui insistent depuis des semaines sur la nécessité de repousser l’âge à partir duquel il est possible de faire valoir ses droits à la retraite. À chaque fois, le même argument est servi : réaliser des économies et ainsi régler la question du financement des retraites. Un argument simple mais qui ne résiste pas à une étude approfondie du dossier, comme viennent de le montrer les derniers travaux présentés au Conseil d’orientation des retraites le 27 janvier dernier.

 

 

En fonction des simulations qui ont été présentées (et que l’on retrouve en libre accès sur le site du COR), le gain financier d’un report de l’âge légal de départ est plus ou moins élevé mais reste, dans tous les cas, assez modeste au regard des montants en jeu. Plusieurs explications à cela. Tout d’abord, les gains seraient assez forts à court terme mais très vite la règle des quarante-trois ans de cotisation atténuerait les effets de la mesure. Pour le dire autrement, les Français partiront, quoi qu’il arrive, de plus en plus après 62 ans afin de bénéficier d’une retraite à taux plein. Non seulement la mesure ne rapporterait donc pas beaucoup d’argent à moyen terme, mais elle est profondément injuste car elle ne touche que les personnes qui ont commencé à travailler jeune et qui peuvent aujourd’hui partir avec tous leurs trimestres dès 62 ans.

Creusement des inégalités

 

Mais ce n’est pas la seule raison. Les études mettent également en lumière les conséquences d’un report de l’âge sur l’ensemble de la protection sociale (assurance chômage, invalidé, etc.). Non seulement la mesure provoquerait, dans un premier temps, du chômage supplémentaire mais, en outre, les études montrent que l’augmentation du temps passé en activité crée des droits – qui ont évidemment un coût pour la société. Autrement dit, repousser l’âge de départ a pour conséquence d’améliorer le niveau de retraite d’une partie des salariés, mais ce report induit un coût qu’il est impossible d’ignorer. La mesure pourrait ainsi, d’un côté, améliorer le niveau des retraites des personnes bien insérées dans l’emploi mais, de l’autre, appauvrir les personnes qui ne sont plus en activité au moment de leur départ en retraite en les maintenant plus longtemps dans des dispositifs financés par la solidarité nationale.

Si le report de l’âge a des effets positifs sur le plan financier, ces derniers sont donc loin d’être massifs. C’est d’ailleurs la CFDT qui avait demandé que le Conseil d’orientation des retraites se penche sur cette mesure afin de clarifier les enjeux et de répondre à cette petite musique du report de l’âge… qui se fait de plus en plus pressante à l’approche des élections. « En matière de retraite, il n’y a pas de solution miracle, rappelle le secrétaire national Frédéric Sève. Et pour la CFDT, le report de l’âge n’est clairement pas la direction à prendre. »

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